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	<title>Mathieu Bock-C&#244;t&#233;</title>
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	<description>Mes &#233;tudes doctorales, pour lesquelles je dispose d'une bourse du FQRSC, sont consacr&#233;es &#224; la gen&#232;se du malaise d&#233;mocratique qui traverse les soci&#233;t&#233;s contemporaines et qui s'exprime particuli&#232;rement dans le sentiment de plus en plus prononc&#233; de leur dissolution. C'est la conversion des soci&#233;t&#233;s occidentales au multiculturalisme et le pilotage d'une telle op&#233;ration par l'&#201;tat th&#233;rapeutique qui m'int&#233;resse.</description>
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		<title>Les journalistes sont partiaux</title>
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		<dc:date>2010-09-06T19:36:45Z</dc:date>
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		<dc:creator>Mathieu Bock-C&#244;t&#233;</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Le 18 juin, Brian Myles, le pr&#233;sident de la FPJQ, signait une tribune libre dans Le Devoir pour manifester son inqui&#233;tude devant le biais conservateur affich&#233; de la nouvelle cha&#238;ne d'information continue que Quebecor souhaite mettre en place au Canada anglais. Au nom de l'objectivit&#233; journalistique, et d'une bonne pratique du m&#233;tier, Miles invitait la &#171; FOX News du nord &#187; &#224; ne pas pratiquer de &#171; d&#233;magogie &#187; ni un journalisme d'opinion versant dans le militantisme conservateur. Il pr&#233;cisait surtout : &#171; Les t&#233;l&#233;visions ne peuvent servir de vecteurs &#224; un seul point de vue politique, peu importe lequel. &#187; Ce grand r&#233;cit qui consacre la vocation d&#233;mocratique du journalisme a aussi &#233;t&#233; reformul&#233; r&#233;cemment au moment o&#249; plusieurs repr&#233;sentants de la presse parlementaire reproch&#232;rent au gouvernement Harper son contr&#244;le de l'information dans une lettre ouverte. &#192; lire les repr&#233;sentants de la presse parlementaire, il faudrait consid&#233;rer les journalistes comme les &#171; interm&#233;diaires des citoyens &#187;, posant &#171; les questions que les citoyens poseraient s'ils avaient le privil&#232;ge de rencontrer le premier ministre &#187;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://bock-cote.net/Tribunes" rel="directory"&gt;Tribunes&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 18 juin, Brian Myles, le pr&#233;sident de la FPJQ, signait une tribune libre dans Le Devoir pour manifester son inqui&#233;tude devant le biais conservateur affich&#233; de la nouvelle cha&#238;ne d'information continue que Quebecor souhaite mettre en place au Canada anglais. Au nom de l'objectivit&#233; journalistique, et d'une bonne pratique du m&#233;tier, Miles invitait la &#171; FOX News du nord &#187; &#224; ne pas pratiquer de &#171; d&#233;magogie &#187; ni un journalisme d'opinion versant dans le militantisme conservateur. Il pr&#233;cisait surtout : &#171; Les t&#233;l&#233;visions ne peuvent servir de vecteurs &#224; un seul point de vue politique, peu importe lequel. &#187; Ce grand r&#233;cit qui consacre la vocation d&#233;mocratique du journalisme a aussi &#233;t&#233; reformul&#233; r&#233;cemment au moment o&#249; plusieurs repr&#233;sentants de la presse parlementaire reproch&#232;rent au gouvernement Harper son contr&#244;le de l'information dans une lettre ouverte. &#192; lire les repr&#233;sentants de la presse parlementaire, il faudrait consid&#233;rer les journalistes comme les &#171; interm&#233;diaires des citoyens &#187;, posant &#171; les questions que les citoyens poseraient s'ils avaient le privil&#232;ge de rencontrer le premier ministre &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une telle repr&#233;sentation virginale de la profession journalistique laisse pantois. Mais la stupeur vient surtout de la pr&#233;tention surprenante des journalistes &#224; se d&#233;rober aux luttes id&#233;ologiques et &#224; incarner une recherche pure de la v&#233;rit&#233;. C'est Richard Martineau qui a le mieux exprim&#233; ce sentiment dans sa critique de la FPJQ, publi&#233;e dans Le Journal de Montr&#233;al : &#171; La FPJQ devrait peut-&#234;tre s'appeler la FPJGQ : la F&#233;d&#233;ration professionnelle des journalistes de gauche du Qu&#233;bec. Comme &#231;a, &#231;a serait plus clair. &#187; Et malgr&#233; lui, Vincent Marissal, dans son blogue sur Cyberpresse, a r&#233;cemment donn&#233; un exemple caricatural du consensus progressiste des m&#233;dias, en s'inqui&#233;tant pour la r&#233;putation internationale du Canada parce qu'un rappeur sud-africain lui aurait demand&#233; : &#171; So, tell me Vincent, do you still have this right wing guy in Canada ? &#187; Un propos qu'il commentait ainsi : &#171; This right wing guy&#8230; Il parlait de Stephen Harper, &#233;videmment. Y'a pas &#224; dire, le Canada a une sacr&#233;e belle image &#224; l'&#233;tranger&#8230; &#187;. &#202;tre de droite, c'est mal. Tout simplement. L'&#233;tiquette suffit &#224; disqualifier, surtout dans les m&#233;dias qui n'appartiennent pas &#224; la presse populaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; b&#226;bord toute&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On reproche souvent au Parti conservateur de consid&#233;rer les m&#233;dias comme ses ennemis, sans se demander s'il a des raisons objectives de s'en m&#233;fier. Pourtant, un peu partout en Occident, les partis conservateurs consid&#232;rent le syst&#232;me m&#233;diatique comme un environnement id&#233;ologiquement hostile. Avec raison. Reconna&#238;tre le biais progressiste de la classe m&#233;diatique ne consiste aucunement &#224; en trouver la source dans une quelconque conspiration. On doit plut&#244;t parler d'une sensibilit&#233; id&#233;ologique h&#233;g&#233;monique, qui ne caract&#233;rise pas exclusivement le milieu m&#233;diatique et qu'on retrouve dans les couches sup&#233;rieures de notre soci&#233;t&#233;. Et si le fait de pencher &#171; &#224; gauche &#187; ne pr&#233;juge pas du talent ou de la perspicacit&#233; d'un journaliste, il n'en demeure pas moins que ses pr&#233;f&#233;rences risquent de porter &#224; cons&#233;quence dans sa mani&#232;re de repr&#233;senter l'actualit&#233;. La mani&#232;re m&#234;me de poser les termes du d&#233;bat public oriente &#233;videmment les conclusions qu'on en tirera.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais il faut bien savoir &#224; quelle gauche nous faisons r&#233;f&#233;rence. Nous parlons bien &#233;videmment de la gauche h&#233;riti&#232;re de la pens&#233;e 68, braqu&#233;e sur les questions li&#233;es &#224; la diversit&#233; culturelle ou sexuelle qui sont aujourd'hui la principale ligne de d&#233;marcation entre le progressisme et le conservatisme. Si cette gauche s'accommode ais&#233;ment d'un certain social-lib&#233;ralisme dans le domaine &#233;conomique, elle est beaucoup plus intransigeante lorsque vient le temps d'entrer en lutte contre &#171; le racisme, le sexisme et l'homophobie &#187;. Mais l'id&#233;ologie de la diversit&#233; est tellement h&#233;g&#233;monique dans le milieu m&#233;diatique qu'elle ne passe m&#234;me plus pour une id&#233;ologie. Ainsi, Val&#233;rie Dufour qui s'est r&#233;cemment inqui&#233;t&#233;e sur Rue Frontenac de &#171; l'agenda politique cach&#233; &#187; du Journal de Montr&#233;al, ne semble pas avoir la m&#234;me s&#233;v&#233;rit&#233; envers le multiculturalisme qui repr&#233;sente pourtant l'orthodoxie dans les milieux qui se veulent &#233;volu&#233;s. Il faut dire que Mme Dufour a sign&#233; un essai, Circus Quebecus, o&#249; elle pr&#233;sentait la crise des accommodements raisonnables comme un grand cirque. &#192; chacun son angle mort.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si l'id&#233;ologie diversitaire est partout pr&#233;gnante, il faut toutefois revenir sur la crise des accommodements raisonnables et ses suites, pour la voir dans son expression la plus radicale. Le r&#233;cit m&#233;diatique de la crise des accommodements raisonnables &#233;tait le suivant : la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise, plac&#233;e devant le &#171; d&#233;fi de la diversit&#233; &#187;, serait rattrap&#233;e par son &#171; vieux fond x&#233;nophobe &#187;, qui remonterait &#224; la surface, en la faisant d&#233;river vers &#171; l'intol&#233;rance et l'exclusion &#187; et le &#171; repli identitaire &#187;. Il faudrait cons&#233;quemment se montrer vigilant devant les &#171; discours populistes &#187;, port&#233;s par une &#171; droite nationaliste &#187; d&#233;cid&#233;e &#224; &#171; attiser la x&#233;nophobie &#187;. On a ainsi construit une figure diabolique, &#171; l'intol&#233;rance &#187;, contre laquelle il faudrait lutter et qui risquerait &#224; tout moment de resurgir dans le domaine public. Le Qu&#233;bec prend l'allure d'une soci&#233;t&#233; colonisant de l'int&#233;rieur ses minorit&#233;s issues de l'immigration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#201;videmment, ceux qui relaient cette vision dans les m&#233;dias ne se reconnaissent pas n&#233;cessairement comme des activistes. Pourtant, le vocabulaire dont ils font usage est id&#233;ologiquement surcharg&#233; et correspond &#224; l'expression la plus radicale du multiculturalisme. Parler de la &#171; discrimination syst&#233;mique &#187;, de &#171; profilage racial &#187;, du &#171; populisme &#187;, de &#171; racisme &#187;, d'&#171; islamophobie &#187;, de &#171; lutte &#224; l'homophobie &#187;, ou inversement, de &#171; l'ouverture &#224; l'autre &#187; ou du &#171; respect des diff&#233;rences &#187; sans faire un usage syst&#233;matique des guillemets et sans prendre la peine de souligner r&#233;guli&#232;rement que ces notions sont moins sociologiques qu'id&#233;ologiques, c'est se faire militant en prenant des airs d'objectivit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mich&#232;le Ouimet, de La Presse, au moment de la commission Bouchard-Taylor, a exprim&#233; le fond de l'id&#233;ologie diversitaire en quelques mots : &#171; M. Bouchard est catholique, mais il n'est pas croyant. Il a 63 ans. M. Taylor est catholique pratiquant. Il a 75 ans. Deux hommes, deux catholiques. Pas de femme, pas de jeune, pas de repr&#233;sentant des communaut&#233;s culturelles. [&#8230;] l'image publique de la Commission souffre de cette homog&#233;n&#233;it&#233; : blanc, m&#226;le, catholique &#187;. Ce ne sont plus les id&#233;es qui sont discut&#233;es, ce sont les repr&#233;sentants de groupes ethniques qui sont calcul&#233;s, c'est le nombre d'hommes et de femmes dont on fait le d&#233;compte. Celui qui ne compte pas ou qui ne compte pas de la bonne mani&#232;re est consid&#233;r&#233; comme un ennemi du progr&#232;s. Il y a les bons et les m&#233;chants, les progressistes et les r&#233;actionnaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; partir de cette vision des choses, on pourrait faire la liste des opinions prohib&#233;es et de la mani&#232;re dont elles sont cod&#233;es dans le syst&#232;me m&#233;diatique : celui qui militera pour l'abolition de la discrimination positive ne sera pas pr&#233;sent&#233; comme un d&#233;fenseur de l'&#233;galit&#233; lib&#233;rale mais bien comme un adversaire de la promotion sociale des femmes et des groupes minoritaires. Celui qui plaidera pour l'assimilation des immigrants &#224; la culture nationale sera accus&#233; de puiser dans le vieux fond x&#233;nophobe du Qu&#233;bec majoritaire, pour alimenter un nationalisme de fermeture. Et celui qui entre en contradiction intellectuelle avec l'id&#233;ologie dominante sera pr&#233;sent&#233; comme un &#171; pol&#233;miste &#187;, et s'il transgresse trop ouvertement les dogmes maintenus par le syst&#232;me m&#233;diatique, on l'accusera de &#171; d&#233;rapage &#187; Ce terme sugg&#232;re qu'il existe un chemin balis&#233; vers la soci&#233;t&#233; multiculturelle et qu'il est bien surveill&#233; par les vigies de ce que l'on nomme justement la rectitude politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La censure au nom de la diversit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#201;videmment, pour la gauche multiculturelle, &#171; diversit&#233; &#187; rime avec d&#233;mocratie. Mais seulement pour elle. Parce que si la classe m&#233;diatique s'indigne l&#233;gitimement devant toute tentative de censure au nom de la &#171; morale traditionnelle &#187;, elle fait moins de z&#232;le pour questionner la censure au nom du respect de la diversit&#233;. Ainsi, au moment du d&#233;p&#244;t du rapport final de la commission Bouchard-Taylor, un rapport connexe, r&#233;dig&#233; par la sociologue Maryse Potvin, soutenait que &#171; sur des questions qui affectent directement la coh&#233;sion sociale et la dignit&#233; des personnes, des sanctions beaucoup plus s&#233;v&#232;res envers certains m&#233;dias aux couvertures n&#233;gatives ou envers certains journalistes devraient &#234;tre envisag&#233;es ou renforc&#233;es par la Conseil de presse ou le CRTC, comme l'interdiction de publier ou de diffuser pendant un certain nombre de jours. &#187; Potvin demandait au l&#233;gislateur d'&#171; accro&#238;tre et de baliser les r&#244;les &#187; du Conseil de presse et du CRTC, &#171; afin d'&#233;viter &#224; l'avenir l'&#233;rection de faits divers en crise de soci&#233;t&#233; par les m&#233;dias &#187; et souhaitait officiellement des m&#233;dias &#224; &#171; mission &#233;ducative et civique &#187;. Mis &#224; part Lysiane Gagnon, qui a justement d&#233;nonc&#233; &#171; ces propositions, qui &#233;voquent ce qui se passe dans les r&#233;gimes totalitaires, qui eux aussi veulent des m&#233;dias didactiques et qui carburent &#224; la censure &#187;, on n'a entendu aucune remise en question de cette proposition explicitement liberticide.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, lorsque G&#233;rard Bouchard et Charles Taylor ont propos&#233; dans leur rapport d'inscrire dans la Charte qu&#233;b&#233;coise des droits et libert&#233;s d'&#171; interdire l'appel public &#224; la discrimination &#187;, une proposition moins vertueuse qu'elle n'en a l'air, personne n'a cru n&#233;cessaire de contester la &#171; sagesse &#187; souvent lou&#233;e des deux commissaires. Un vrai travail de journalisme d'id&#233;es aurait pourtant consist&#233; &#224; voir la port&#233;e d'une telle recommandation &#224; partir de la d&#233;finition de la discrimination contenue dans le rapport Bouchard-Taylor. On aurait alors d&#233;couvert que la proposition des commissaires entrainait pratiquement une criminalisation du conservatisme social et culturel. Mais pourquoi s'en inqui&#233;ter puisque ce dernier ne serait que l'expression intellectualis&#233;e de l'intol&#233;rance ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'en reviens &#224; la lettre des journalistes parlementaires qui nous disaient relayer les questions que poseraient les citoyens s'ils en avaient la possibilit&#233;. Il y a l&#224; un paradoxe dans la mesure o&#249; ces m&#234;mes journalistes s'inqui&#232;tent r&#233;guli&#232;rement de toute forme d'appel au peuple en l'assimilant au populisme. &#192; tout le moins, je serais surpris d'entendre ces m&#234;mes journalistes questionner un &#233;ventuel ministre du PLC sur le client&#233;lisme g&#233;n&#233;r&#233; par la discrimination positive, ou questionner le cadre conceptuel utilis&#233; par la CDPDJ au moment de la publication d'un de ses nombreux avis. Dans le grand d&#233;bat sur le multiculturalisme, l'espace public n'est plus qu'une fiction recouvrant, dans les faits, la constitution d'un parti m&#233;diatique. Et pour ce dernier, la p&#233;dagogie du vivre-ensemble multiculturel ne rel&#232;ve pas de la politique mais bien de la saine vigilance morale au service de la vertu, &#224; la mani&#232;re d'un travail n&#233;cessaire pour faire &#233;voluer notre soci&#233;t&#233;, pour l'amener &#224; mieux s'ouvrir &#224; l'autre. &#192; chacun son point de vue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La transparence sans bon sens</title>
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		<description>&lt;p&gt;Malgr&#233; son allure terriblement provinciale, la commission Bastarache ne laisse pas indiff&#233;rent. Au-del&#224; de la question de la nomination des juges, elle ouvre indirectement une fen&#234;tre sur l'&#233;ternel probl&#232;me de l'argent en politique. Ajoutons qu'ils sont plusieurs &#224; croire que la v&#233;ritable commission d'enqu&#234;te aurait d&#251; porter sur l'industrie de la construction.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://bock-cote.net/Tribunes" rel="directory"&gt;Tribunes&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Malgr&#233; son allure terriblement provinciale, la commission Bastarache ne laisse pas indiff&#233;rent. Au-del&#224; de la question de la nomination des juges, elle ouvre indirectement une fen&#234;tre sur l'&#233;ternel probl&#232;me de l'argent en politique. Ajoutons qu'ils sont plusieurs &#224; croire que la v&#233;ritable commission d'enqu&#234;te aurait d&#251; porter sur l'industrie de la construction.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait, la commission Bastarache radicalise un sentiment latent dans la population : les politiciens seraient &#171; tous pourris &#187;. Il faut dire que la m&#233;fiance envers le pouvoir est un des instincts les plus profonds du genre humain. Le cynisme envers les politiciens a toujours &#233;t&#233; la norme, et la confiance, l'exception.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais notre &#233;poque croit avoir trouv&#233; la solution contre le cynisme. Il s'agit de la transparence radicale, qui exige des politiciens une puret&#233; virginale. Cette r&#233;ponse n'est pas sans effets pervers. Par exemple, il suffit qu'un politicien se retrouve par inadvertance dans la m&#234;me salle qu'un contributeur &#224; sa caisse &#233;lectorale pour que le premier soit coupable par association des crimes suppos&#233;s du second. La chose vire souvent &#224; la caricature : on scrute &#224; la loupe la facture des repas, on &#233;pluche les comptes de t&#233;l&#233;phone. Bient&#244;t, on d&#233;busquera m&#234;me les ma&#238;tresses. C'est la loi du soup&#231;on. Les politiciens sont coupables &#224; l'avance, jusqu'&#224; la preuve du contraire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au m&#234;me moment, les exigences de l'&#233;thique publique sont de plus en plus hasardeuses. Un ministre qui contredira ses fonctionnaires sera accus&#233; d'ing&#233;rence dans la fonction publique. Un autre qui transgressera les tabous du politiquement correct sera plut&#244;t soup&#231;onn&#233; de d&#233;rapage. Pour conserver leur r&#233;putation, les politiciens doivent souvent consentir &#224; l'inaction.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La politique a de plus en plus l'allure d'une fosse &#224; purin. Aujourd'hui, celui qui s'y lance a la certitude de s'y faire &#233;clabousser. &#192; terme, on n'y verra plus que des agit&#233;s, des petits ambitieux, des semi-lettr&#233;s et des professionnels du comit&#233; qui ne se feront jamais rien reprocher parce qu'ils n'auront jamais rien fait de leur vie. On comprend pourquoi les politiciens d'envergure se font de plus en plus rares.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne s'agit aucunement d'excuser le favoritisme ou le patronage. On ne pardonnera pas &#224; ceux qui trahissent leur fonction pour servir exclusivement leur int&#233;r&#234;t personnel. Mais &#224; regarder la politique seulement &#224; travers la lunette grossissante de l'affairisme et de la corruption, c'est le bien public qui sera mal servi. Il faut savoir se m&#233;fier de la transparence sans limite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quelle la&#239;cit&#233; ?</title>
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		<dc:creator>Mathieu Bock-C&#244;t&#233;</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Cet automne, la question d'une Charte de la la&#239;cit&#233; reviendra dans le d&#233;bat politique. Si elle &#233;tait promulgu&#233;e, une telle charte proscrirait les signes religieux ostentatoires dans l'espace public ainsi que les d&#233;rives dont se rendent coupables certaines institutions publiques, comme la multiplication des menus religieux, sous pr&#233;texte d'&#171; accommodements raisonnables &#187;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://bock-cote.net/Tribunes" rel="directory"&gt;Tribunes&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cet automne, la question d'une Charte de la la&#239;cit&#233; reviendra dans le d&#233;bat politique. Si elle &#233;tait promulgu&#233;e, une telle charte proscrirait les signes religieux ostentatoires dans l'espace public ainsi que les d&#233;rives dont se rendent coupables certaines institutions publiques, comme la multiplication des menus religieux, sous pr&#233;texte d'&#171; accommodements raisonnables &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avec quelques nuances, la cause est bonne. Les signes religieux ostentatoires, comme le voile ou la burqa, ont souvent une signification davantage politique que religieuse. En fait, la religion sert de pr&#233;texte &#224; certains pour justifier leur refus de s'int&#233;grer &#224; notre soci&#233;t&#233;. Par ailleurs, confront&#233;es &#224; l'exigence de la la&#239;cit&#233;, certaines communaut&#233;s culturelles trouveront l'occasion d'acclimater leurs coutumes &#224; la modernit&#233; occidentale, ce que plusieurs de leurs membres verront comme une chance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne faudrait pas, toutefois, que la poursuite de la la&#239;cit&#233; se retourne contre l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise comme le souhaitent ceux qui font le proc&#232;s d'une &#171; la&#239;cit&#233; s&#233;lective &#187;, apparemment coupable d'un pr&#233;jug&#233; favorable envers le catholicisme. La boutade &#233;tait pr&#233;visible, les multiculturalistes d&#233;noncent d&#233;sormais le Qu&#233;bec &#171; catho-la&#239;que &#187;. Pour eux, la la&#239;cit&#233; ne sera l&#233;gitime qu'en mettant sur le m&#234;me pied toutes les religions, quelles qu'elles soient. Comme gage de sinc&#233;rit&#233;, ils demandent aux tenants de la la&#239;cit&#233; de consentir au retrait du crucifix de l'Assembl&#233;e nationale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il s'agit d'une fausse alternative. S'il faut retirer le crucifix de l'Assembl&#233;e nationale, faudra-t-il redessiner le drapeau qu&#233;b&#233;cois pour en effacer la croix ? L'id&#233;e circule. Faudra-t-il &#233;vacuer les f&#234;tes chr&#233;tiennes du calendrier scolaire ? Le minist&#232;re de l'&#201;ducation l'a propos&#233;. Faudra-t-il plut&#244;t censurer les v&#339;ux de No&#235;l ? C'est d&#233;j&#224; chose faite en bien des endroits. Soyons clair : ce n'est pas parce qu'ils sont religieux que ces symboles sont contest&#233;s mais parce qu'ils sont ceux de la majorit&#233;. Pour les multiculturalistes, la lutte contre l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise ne conna&#238;tra jamais de fin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut dire stop. Le Qu&#233;bec est une soci&#233;t&#233; occidentale de culture fran&#231;aise et doit le demeurer. Et &#224; moins d'abolir l'histoire, on reconna&#238;tra que l'h&#233;ritage catholique du Qu&#233;bec n'en est pas un parmi d'autres. Si avec la R&#233;volution tranquille, les Qu&#233;b&#233;cois ont refoul&#233; leur h&#233;ritage catholique dans l'arri&#232;re-fond de l'espace public, il n'a jamais &#233;t&#233; question de remplacer cet arri&#232;re-fond par un autre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une Charte de la la&#239;cit&#233; devrait confirmer les grandes valeurs de la R&#233;volution tranquille sans devenir une machine de guerre contre notre identit&#233;. Le Qu&#233;bec ne doit plus confondre le progr&#232;s avec le saccage de son pass&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sortir de l'impasse</title>
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		<dc:creator>Mathieu Bock-C&#244;t&#233;</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Une batterie de sondages l'a confirm&#233; la fin de semaine derni&#232;re : la classe politique est d&#233;savou&#233;e. Ce bris de confiance ne s'explique pas seulement par les rumeurs de corruption qui ont empoisonn&#233; le d&#233;bat &#224; l'Assembl&#233;e nationale : le malaise est plus profond. Il correspond au sentiment d'une impasse politique dans laquelle nous sommes enfonc&#233;s.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une batterie de sondages l'a confirm&#233; la fin de semaine derni&#232;re : la classe politique est d&#233;savou&#233;e. Ce bris de confiance ne s'explique pas seulement par les rumeurs de corruption qui ont empoisonn&#233; le d&#233;bat &#224; l'Assembl&#233;e nationale : le malaise est plus profond. Il correspond au sentiment d'une impasse politique dans laquelle nous sommes enfonc&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000, nous le savons, l'espace politique est tr&#232;s instable. Non seulement les abstentionnistes se multiplient d'une &#233;lection &#224; l'autre, mais les grands partis ne recueillent plus qu'un appui mitig&#233; dans l'&#233;lectorat. C'est le cas du Parti lib&#233;ral, de plus en plus &#233;tranger &#224; l'&#233;lectorat francophone. C'est aussi le cas du PQ qui aujourd'hui, survit davantage qu'il ne progresse et qui en 2002 comme en 2007, a failli se faire d&#233;classer par l'ADQ. Un grand sentiment d'exasp&#233;ration traverse la population, qui h&#233;site entre le cynisme, la col&#232;re et certains espoirs fugaces.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Qu&#233;bec est &#224; la fin d'un cycle politique. Mais il ne parvient pas &#224; en ouvrir un nouveau. L'espace public est domin&#233; par une id&#233;ologie appauvrie qui oblige &#224; toujours reprendre les m&#234;mes solutions pour r&#233;soudre des probl&#232;mes qui ne disparaissent pas. Un demi-si&#232;cle apr&#232;s la R&#233;volution tranquille, il est peut-&#234;tre temps de poser un regard v&#233;ritablement critique sur son h&#233;ritage. Non pas pour revenir au Qu&#233;bec d'avant 1960, cela va de soi, mais pour pratiquer un exercice de lucidit&#233; collective.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Soyons honn&#234;tes : le Qu&#233;bec va mal. Le mod&#232;le qu&#233;b&#233;cois est d&#233;vor&#233; par une bureaucratie qui d&#233;responsabilise les individus, l'&#233;cole est d&#233;structur&#233;e par une r&#233;forme scolaire qui proscrit la transmission de connaissances, l'identit&#233; nationale est d&#233;construite par un multiculturalisme de plus en plus autoritaire et la d&#233;mocratie est confisqu&#233;e par des corporatismes se substituant au peuple. Si on ajoute une question nationale en panne, on comprend pourquoi pr&#233;domine un sentiment d'impuissance politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, il suffit de jouer &#224; la victime pour revendiquer un traitement de faveur. Inversement, si vous &#234;tes de la classe moyenne, on vous pr&#233;sentera comme un individualiste grossier, probablement x&#233;nophobe, ferm&#233; d'esprit et seulement bon &#224; payer ses imp&#244;ts. C'est le monde &#224; l'envers. Mais c'est celui dans lequel nous sommes apparemment condamn&#233;s &#224; v&#233;g&#233;ter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est la distance entre la gravit&#233; de nos probl&#232;mes et la pauvret&#233; des solutions propos&#233;es qui g&#233;n&#232;re le malaise qu&#233;b&#233;cois. Il reste &#224; esp&#233;rer qu'un homme politique ou un mouvement sauront transformer ce malaise en d&#233;sir de redressement national.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le PQ a-t-il un avenir ?</title>
		<link>http://bock-cote.net/Le-PQ-a-t-il-un-avenir</link>
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		<dc:creator>Mathieu Bock-C&#244;t&#233;</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Jonathan Valois, le pr&#233;sident du Parti Qu&#233;b&#233;cois, disait r&#233;cemment craindre la &#171; folklorisation &#187; de la souverainet&#233;. Il n'a pas tort : l'id&#233;e d'ind&#233;pendance est mal en point. Pour corriger la situation, Valois recommande au PQ de s'aligner &#224; gauche. Ce rem&#232;de risque de faire plus de mal que de bien. Car quoi qu'en pense Valois, la vocation des souverainistes n'est pas de faire la promotion d'un programme &#171; progressiste &#187; mais d'assurer la d&#233;fense de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise, sans quoi l'ind&#233;pendance ne veut rien dire.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jonathan Valois, le pr&#233;sident du Parti Qu&#233;b&#233;cois, disait r&#233;cemment craindre la &#171; folklorisation &#187; de la souverainet&#233;. Il n'a pas tort : l'id&#233;e d'ind&#233;pendance est mal en point. Pour corriger la situation, Valois recommande au PQ de s'aligner &#224; gauche. Ce rem&#232;de risque de faire plus de mal que de bien. Car quoi qu'en pense Valois, la vocation des souverainistes n'est pas de faire la promotion d'un programme &#171; progressiste &#187; mais d'assurer la d&#233;fense de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise, sans quoi l'ind&#233;pendance ne veut rien dire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais la cr&#233;dibilit&#233; des souverainistes est &#224; refaire. De peur de subir les insultes des cur&#233;s du politiquement correct, le PQ a souvent renonc&#233; &#224; d&#233;fendre l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise. Il s'est m&#234;me vautr&#233; dans le conformisme des bien-pensants qui justifient l'effacement des nations au nom de &#171; l'ouverture &#224; l'autre &#187;. Si le PQ veut envoyer le bon signal aux Qu&#233;b&#233;cois, il aurait avantage &#224; rompre clairement avec l'inter/multiculturalisme qui s'impose aujourd'hui comme religion d'&#201;tat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut en finir une fois pour toutes avec la philosophie des accommodements raisonnables, par exemple, en abolissant le cours &#201;thique et culture religieuse. Un principe clair doit aussi &#234;tre rappel&#233; : c'est aux nouveaux arrivants &#224; s'int&#233;grer au Qu&#233;bec, pas l'inverse. Et pour s'int&#233;grer, mieux vaut prendre le pli culturel de la majorit&#233; que de s'enfermer dans sa diff&#233;rence. Ceux qui se joignent &#224; nous doivent accepter d'&#233;voluer dans une soci&#233;t&#233; occidentale moderne o&#249; les signes religieux ostentatoires comme le voile ou le kirpan n'ont pas leur place. On ne saurait tout tol&#233;rer au nom de la &#171; diversit&#233; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au c&#339;ur de notre identit&#233;, on trouve &#233;videmment la langue fran&#231;aise. Mais il suffit de se promener &#224; Montr&#233;al pour savoir qu'elle y est de plus en plus malmen&#233;e. Pour en faire la promotion, il faudrait &#233;tendre la loi 101 au niveau coll&#233;gial, aux &#233;coles priv&#233;es non subventionn&#233;es et franciser les services publics. Pour l'instant, nous finan&#231;ons notre marginalisation &#224; m&#234;me les fonds publics. Tout cela demande du courage : le PQ en a-t-il encore ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il s'agit l&#224; de recommandations &#233;l&#233;mentaires pour redonner un contenu minimal au projet souverainiste. Pourtant, si le PQ se les approprie, il m&#233;contentera les id&#233;ologues radio-canadiens qui sont persuad&#233;s d'avoir le monopole de la vertu. Mais il se r&#233;conciliera avec une majorit&#233; de Qu&#233;b&#233;cois, de gauche comme de droite, souhaitant la revalorisation de leur identit&#233;. Faut-il rappeler au PQ que ce sont eux qui font gagner les &#233;lections ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La p&#233;dagogie de l'estime de soi</title>
		<link>http://bock-cote.net/La-pedagogie-de-l-estime-de-soi</link>
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		<dc:creator>Mathieu Bock-C&#244;t&#233;</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Joseph Facal le rappelait r&#233;cemment dans le Journal de Montr&#233;al, l'&#233;cole qu&#233;b&#233;coise a renonc&#233; &#224; transmettre les &#339;uvres culturelles. Il avait absolument raison. D'autant plus que le probl&#232;me de l'&#233;cole en est moins un d'argent que de philosophie. C'est la mission de l'&#233;cole qui a chang&#233; depuis quelques d&#233;cennies. Pour le pire.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://bock-cote.net/Tribunes" rel="directory"&gt;Tribunes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Joseph Facal le rappelait r&#233;cemment dans le Journal de Montr&#233;al, l'&#233;cole qu&#233;b&#233;coise a renonc&#233; &#224; transmettre les &#339;uvres culturelles. Il avait absolument raison. D'autant plus que le probl&#232;me de l'&#233;cole en est moins un d'argent que de philosophie. C'est la mission de l'&#233;cole qui a chang&#233; depuis quelques d&#233;cennies. Pour le pire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut revenir aux ann&#233;es 1970 pour comprendre les origines de ce d&#233;sastre. &#192; ce moment, on assiste &#224; la diffusion d'une id&#233;ologie invitant les Occidentaux &#224; avoir honte d'eux-m&#234;mes et de leur h&#233;ritage culturel. Cons&#233;quence de cela, ils ne devraient surtout pas le transmettre, les grandes &#339;uvres &#233;tant r&#233;duites &#224; l'expression hideuse d'une soci&#233;t&#233; ali&#233;n&#233;e. On souhaitait &#233;viter que la culture occidentale ne contamine une jeunesse &#224; la puret&#233; virginale, appel&#233;e &#224; recommencer la soci&#233;t&#233; &#224; z&#233;ro.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La tristement c&#233;l&#232;bre r&#233;forme scolaire qui domine aujourd'hui l'&#233;cole qu&#233;b&#233;coise est l'h&#233;riti&#232;re de cette id&#233;ologie. Pour la r&#233;forme, les connaissances sont accessoires, superflues. Elles rel&#232;veraient du bourrage de cr&#226;ne. L'enfant ne doit rien conna&#238;tre : il doit plut&#244;t d&#233;velopper des &#171; comp&#233;tences &#187;. Surtout, il doit partir de son environnement imm&#233;diat pour apprendre plut&#244;t que se confronter &#224; des &#339;uvres exigeantes. Adieu Balzac, bonjour Twilight ! On en voit les cons&#233;quences quand de jeunes esprits nous annoncent qu'ils ne lisent rien pour mieux penser par eux-m&#234;mes ! D&#233;sormais, l'enfant devrait &#234;tre &#233;valu&#233; selon son propre cheminement. Il n'y a plus de normes valables pour tous. M&#234;me le petit cancre se fera dire qu'il est un g&#233;nie ! Lou&#233;e soit sa cr&#233;ativit&#233; ! C'est la p&#233;dagogie de l'estime de soi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faudra un jour reconna&#238;tre tout le mal que les technocrates du minist&#232;re de l'&#201;ducation ont fait au Qu&#233;bec. En transformant l'&#233;cole en laboratoire o&#249; tester l'utopie d'une soci&#233;t&#233; ne devant rien au pass&#233;, ils ont d&#233;maill&#233; les liens invisibles mais si pr&#233;cieux qui unissent les g&#233;n&#233;rations. Nous en payerons encore longtemps le prix.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;cole n'a pas &#224; flatter l'&#233;go des enfants mais &#224; d&#233;velopper chez eux le d&#233;sir de se cultiver. Elle doit m&#234;me les amener &#224; v&#233;n&#233;rer les grandes &#339;uvres qui sont le sel de notre civilisation et qui t&#233;moignent de la permanence de la condition humaine. Rien de tout cela n'est possible sans efforts. Il faudra le rappeler au minist&#232;re en pariant sur une &#233;cole qui donne &#224; chacun, et surtout aux plus modestes, l'occasion d'acc&#233;der &#224; un h&#233;ritage culturel qu'il ne faut plus sacrifier mais enfin partager.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La discrimination positive est un scandale</title>
		<link>http://bock-cote.net/La-discrimination-positive-est-un</link>
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		<dc:date>2010-07-28T22:11:07Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu Bock-C&#244;t&#233;</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Si le gouvernement conservateur a mauvaise r&#233;putation au Qu&#233;bec, on ne saurait toutefois lui contester ses initiatives les plus valables. La remise en question de la discrimination positive en est assur&#233;ment une.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si le gouvernement conservateur a mauvaise r&#233;putation au Qu&#233;bec, on ne saurait toutefois lui contester ses initiatives les plus valables. La remise en question de la discrimination positive en est assur&#233;ment une.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un mot d'abord sur la vision de la soci&#233;t&#233; des partisans de la discrimination positive. Selon eux, la soci&#233;t&#233; occidentale serait un syst&#232;me d'exclusion raciste et sexiste. Une &#171; majorit&#233; blanche &#187; exercerait son h&#233;g&#233;monie sur les grandes institutions et les &#171; minorit&#233;s &#187; seraient ghetto&#239;s&#233;es, marginalis&#233;es. Pour corriger cette situation, on privil&#233;giera l'embauche de repr&#233;sentants des &#171; minorit&#233;s &#187;, ce que permettrait la discrimination positive.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais ce langage faussement vertueux masque un v&#233;ritable scandale. Une femme d'Ottawa l'a r&#233;cemment d&#233;couvert. Un poste auquel elle voulait appliquer &#233;tait r&#233;serv&#233; &#224; certains groupes ethniques. Du simple fait qu'elle &#233;tait &#171; blanche &#187;, elle en &#233;tait formellement exclue. Ainsi, la personne appel&#233;e &#224; occuper ce poste aura d'abord pour fonction d'y repr&#233;senter son groupe ethnique plut&#244;t que d'y performer. Adieu l'excellence ! Chacun est d&#233;sormais prisonnier de la cat&#233;gorie dans laquelle la bureaucratie a d&#233;cid&#233; de le compartimenter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R&#233;sumons la chose ainsi : vous souhaitez un poste pour lequel vous &#234;tes remarquablement qualifi&#233; ? Mais vous vous appelez Pierre Tremblay ? Ou John Smith ? Pas de chance ! Vous n'aurez pas ce poste car vous &#234;tes coupable d'appartenir &#224; la majorit&#233;. Comme le disait r&#233;cemment Anne Lauvergeon, la pr&#233;sidente de la grande entreprise fran&#231;aise Areva, &#171; &#224; comp&#233;tence &#233;gale, on choisira autre chose que le m&#226;le blanc &#187;. Il ne faut pas se laisser berner par la &#171; comp&#233;tence &#233;gale &#187;, qui n'est que cosm&#233;tique. &#201;videmment, si vous protestez, on vous accusera de racisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La discrimination positive r&#233;duit la justice sociale &#224; un b&#234;te syst&#232;me de quotas ethniques et sexuels qui trie les individus selon leurs origines plut&#244;t que selon leurs m&#233;rites. Mais &#224; vouloir faire correspondre la distribution des postes &#224; un fantasme statistique qui rel&#232;ve du multiculturalisme victimaire, c'est la libert&#233; de chacun qui r&#233;gresse, le bien commun qui &#233;cope et la soci&#233;t&#233; qui se fragmente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La discrimination positive est malfaisante. Exclure un noir parce qu'il est noir ou un blanc parce qu'il est blanc rel&#232;ve du d&#233;lire. Si je suis malade, je ne voudrai pas me faire soigner par un m&#233;decin blanc, noir, ou mauve, mais simplement par un excellent m&#233;decin. En toutes circonstances, c'est la comp&#233;tence qui devrait pr&#233;valoir. C'est aussi l'avis de la majorit&#233; silencieuse. Il &#233;tait temps qu'on l'entende.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le c&#233;gep fran&#231;ais</title>
		<link>http://bock-cote.net/Le-cegep-francais</link>
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		<dc:date>2010-07-21T13:44:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu Bock-C&#244;t&#233;</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Le Journal de Montr&#233;al nous rappelait la semaine derni&#232;re que le c&#233;gep anglais gagne du terrain aux d&#233;pens du c&#233;gep fran&#231;ais. La tendance &#233;tait connue. Depuis une dizaine d'ann&#233;es, plusieurs mouvements nationalistes plaident d'ailleurs pour l'application de la loi 101 au c&#233;gep. Depuis peu, les grandes figures du souverainisme officiel s'y rallient avec le retard auquel elles nous ont habitu&#233;s.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://bock-cote.net/Tribunes" rel="directory"&gt;Tribunes&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Journal de Montr&#233;al nous rappelait la semaine derni&#232;re que le c&#233;gep anglais gagne du terrain aux d&#233;pens du c&#233;gep fran&#231;ais. La tendance &#233;tait connue. Depuis une dizaine d'ann&#233;es, plusieurs mouvements nationalistes plaident d'ailleurs pour l'application de la loi 101 au c&#233;gep. Depuis peu, les grandes figures du souverainisme officiel s'y rallient avec le retard auquel elles nous ont habitu&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sans surprise, les critiques ont fus&#233;. La ministre Christine St-Pierre a r&#233;pondu que &#171; le c&#233;gep fran&#231;ais obligatoire &#233;quivaut au repli et &#224; la fermeture &#187;. Le libre-choix devrait pr&#233;valoir. On conna&#238;t cet argument : c'&#233;tait celui des adversaires historiques de la loi 101. Il est aujourd'hui remani&#233; dans les termes du multiculturalisme. Pour ces gens, la n&#233;cessaire pr&#233;dominance du fran&#231;ais rel&#232;ve du fantasme anglophobe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un principe de base doit &#234;tre rappel&#233; : le Qu&#233;bec est une soci&#233;t&#233; fran&#231;aise. Cons&#233;quemment, les institutions publiques fonctionnent dans la langue de la majorit&#233;. Pour un immigrant, s'int&#233;grer au Qu&#233;bec consiste fondamentalement &#224; s'identifier &#224; l'identit&#233; majoritaire. Une vigoureuse politique d'int&#233;gration doit &#234;tre men&#233;e, surtout qu'en Am&#233;rique du Nord, l'anglais exerce une telle force d'attraction qu'elle ne peut &#234;tre contenue que par l'&#201;tat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#201;videmment, le Qu&#233;bec accommode g&#233;n&#233;reusement sa minorit&#233; anglaise en reconnaissant ses institutions communautaires. Mais de plus en plus, ces derni&#232;res sont d&#233;tourn&#233;es de leur fonction traditionnelle pour &#234;tre mises en concurrence avec les institutions nationales. Les institutions de la minorit&#233; se retournent contre celles de la majorit&#233;. Si le c&#233;gep en est un exemple, il n'est &#233;videmment pas le seul.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#233;tudes le confirment, ceux qui passent &#224; l'anglais au niveau coll&#233;gial d&#233;crocheront peu &#224; peu de la majorit&#233; qu&#233;b&#233;coise. Ils &#233;tudieront en anglais, travailleront dans cette langue puis y vivront. Pour eux, la sortie du syst&#232;me scolaire francophone correspond &#224; une sortie de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise. La chose n'est pas sans cons&#233;quences. Avec le consentement de nos &#233;lites qui croient se parer ainsi du cosmopolitisme le plus chic, Montr&#233;al devient une m&#233;tropole multiculturelle o&#249; l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise a l'allure d'une vieille tache bleue appel&#233;e &#224; se dissoudre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous sommes au seuil du point de non retour. Trop longtemps, au nom de la paix linguistique, le gouvernement a renonc&#233; &#224; prendre les mesures n&#233;cessaires pour contrer la d&#233;francisation de Montr&#233;al. Il devrait se rappeler une vieille &#233;vidence et s'en servir comme boussole : au Qu&#233;bec, mettre les deux langues sur le m&#234;me pied, c'est mettre les deux pieds sur notre langue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le fanatisme de la diversit&#233;</title>
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		<dc:date>2010-07-14T13:26:06Z</dc:date>
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		<dc:creator>Mathieu Bock-C&#244;t&#233;</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Le cin&#233;aste Jacob Tierney soutenait la semaine derni&#232;re que le cin&#233;ma qu&#233;b&#233;cois &#233;tait repli&#233; sur lui-m&#234;me. &#192; mots couverts, il l'accusait de racisme. Plusieurs lui ont intelligemment r&#233;pondu en &#233;num&#233;rant les films o&#249; les anglophones comme les allophones sont bien pr&#233;sents. Ils auraient pourtant d&#251; se contenter de plaider non coupables. Car Tierney ne demandait pas aux Qu&#233;b&#233;cois d'ouvrir leur culture aux immigrants - ils le font d&#233;j&#224; - mais de se convertir au multiculturalisme.&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le cin&#233;aste Jacob Tierney soutenait la semaine derni&#232;re que le cin&#233;ma qu&#233;b&#233;cois &#233;tait repli&#233; sur lui-m&#234;me. &#192; mots couverts, il l'accusait de racisme. Plusieurs lui ont intelligemment r&#233;pondu en &#233;num&#233;rant les films o&#249; les anglophones comme les allophones sont bien pr&#233;sents. Ils auraient pourtant d&#251; se contenter de plaider non coupables. Car Tierney ne demandait pas aux Qu&#233;b&#233;cois d'ouvrir leur culture aux immigrants - ils le font d&#233;j&#224; - mais de se convertir au multiculturalisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'abord un rappel : le multiculturalisme est l'id&#233;ologie dominante dans les soci&#233;t&#233;s occidentales. Cette id&#233;ologie culpabilisante les am&#232;ne &#224; donner syst&#233;matiquement raison &#224; ceux qui les accusent &#171; d'exclusion &#187;. Pour le multiculturalisme, toutes les cultures sont &#233;gales, sauf celle de la majorit&#233;, qu'on doit d&#233;construire et vilipender. Derri&#232;re son culte vertueux de la diversit&#233;, le multiculturalisme masque son aversion pour l'identit&#233; nationale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le multiculturalisme inverse le devoir d'int&#233;gration. La maxime allait autrefois de soi : &#224; Rome, fais comme les Romains. Aujourd'hui, la soci&#233;t&#233; d'accueil doit s'effacer pour &#171; s'ouvrir &#224; l'autre &#187;. La chose vire souvent au ridicule : en France, r&#233;cemment, on a contest&#233; l'usage d'Ast&#233;rix comme symbole d'une association publique. Ast&#233;rix serait trop &#8230; gaulois !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tierney se d&#233;sole que la diversit&#233; montr&#233;alaise ne soit pas la norme du cin&#233;ma qu&#233;b&#233;cois. Propos r&#233;v&#233;lateur. De ce point de vue, Montr&#233;al est le laboratoire d'une nouvelle identit&#233; postmoderne o&#249; les Qu&#233;b&#233;cois francophones ne sont plus qu'une communaut&#233; parmi d'autres. C'est d&#233;sormais &#224; eux de s'int&#233;grer au &#171; nouveau peuple montr&#233;alais &#187;. Les Qu&#233;b&#233;cois francophones ne se sentent souvent plus chez eux &#224; Montr&#233;al : il faudrait y voir un progr&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sans surprise, ceux qui ne consentent pas &#224; cette liquidation de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise sont accus&#233;s de racisme. On les traite de r&#233;actionnaires. On cherche &#224; les marquer du stigmate de l'intol&#233;rance pour les chasser du d&#233;bat public. Le multiculturalisme verse alors dans le fanatisme de la diversit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne faut plus confondre l'ouverture &#224; l'autre avec le reniement de soi. Les Qu&#233;b&#233;cois veulent habiter leur propre culture plut&#244;t que s'en faire chasser. D'ailleurs, c'est depuis qu'il a revaloris&#233; la culture qu&#233;b&#233;coise, dans ses aspects historiques, pensons &#224; S&#233;raphin ou dans ses aspects familiers, avec Les Boys, que notre cin&#233;ma est devenu un cin&#233;ma populaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; ceux qui nous pr&#234;chent toujours l'ouverture &#224; l'autre, une petite question : &#224; quel moment demandera-t-on &#224; l'autre de s'ouvrir &#224; nous ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le puritanisme alimentaire ou la guerre ... au Nutella !</title>
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		<dc:date>2010-07-08T03:05:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu Bock-C&#244;t&#233;</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Le Parlement europ&#233;en envisageait r&#233;cemment une nouvelle strat&#233;gie dans sa &#171; lutte contre l'ob&#233;sit&#233; &#187;. La controverse a pris forme autour d'un enjeu symbolique : certains ont cru le Nutella pris pour cible. Chaque pot devrait porter un bandeau le d&#233;signant comme un produit dangereux pour la sant&#233;. &#201;videmment, l'opinion publique s'est mobilis&#233;e contre cette proposition port&#233;e par la bureaucratie europ&#233;enne. Cette derni&#232;re a retrait&#233; en affirmant qu'on l'avait mal comprise.&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Parlement europ&#233;en envisageait r&#233;cemment une nouvelle strat&#233;gie dans sa &#171; lutte contre l'ob&#233;sit&#233; &#187;. La controverse a pris forme autour d'un enjeu symbolique : certains ont cru le Nutella pris pour cible. Chaque pot devrait porter un bandeau le d&#233;signant comme un produit dangereux pour la sant&#233;. &#201;videmment, l'opinion publique s'est mobilis&#233;e contre cette proposition port&#233;e par la bureaucratie europ&#233;enne. Cette derni&#232;re a retrait&#233; en affirmant qu'on l'avait mal comprise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Temp&#234;te dans un pot de Nutella ? Aucunement. Si une telle id&#233;e a enflamm&#233; l'opinion, c'est parce qu'elle est dans l'air du temps. Elle r&#233;v&#232;le un nouveau puritanisme alimentaire qui a transform&#233; notre assiette en champ de bataille. Pensons simplement &#224; la campagne contre le foie gras ou &#224; celle pour l'interdiction de la &#171; malbouffe &#187;, chaque fois au nom de la sant&#233; publique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ah la sant&#233; publique ! C'est en son nom qu'aujourd'hui, on multiplie les interdictions. Il faudrait d&#233;contaminer la culture de ses p&#233;ch&#233;s les plus savoureux. L'homme moderne a troqu&#233; la bible pour le guide alimentaire. Il scrute les &#233;tiquettes en y cherchant des traces d'impuret&#233;. Il &#233;volue ainsi dans un environnement balis&#233; par les experts en sant&#233; publique o&#249; les mises en garde contre tel ou tel produit transforment la soci&#233;t&#233; en terrain min&#233;. Danger ! Voil&#224; du gras ! Danger ! Du Nutella !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Derri&#232;re la question de la sant&#233; publique se dessine un probl&#232;me politique fondamental : celui de l'infantilisation des citoyens. Cette infantilisation est notamment visible dans ce qu'on appelle la &#171; lutte &#224; l'ob&#233;sit&#233; &#187;, qu'on pr&#233;sente comme une &#233;pid&#233;mie, comme si la chose &#233;tait hors du contr&#244;le des individus, comme si elle s'&#233;tendait sans que ceux qui en sont &#171; victimes &#187; n'y soient pour quoi que ce soit. Infantilisation rime avec d&#233;responsabilisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;crivain Michel Schneider a surnomm&#233; l'&#201;tat contemporain &#171; Big Mother &#187;. Une nouvelle expertocratie cherche &#224; nous r&#233;&#233;duquer. Et elle pr&#233;tend soumettre chacun des domaines de notre existence &#224; sa pr&#233;venance th&#233;rapeutique. L'&#201;tat s'occupe ainsi de notre sant&#233; physique, morale, psychologique. Sans surprise, il s'investit d'autant plus dans ces nouvelles missions qu'il est frapp&#233; d'impuissance dans ses fonctions traditionnelles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne s'agit &#233;videmment pas de plaider pour la malbouffe. Mais la nourriture devrait moins relever de la politique que de la culture. &#192; ceux qui transforment la nourriture en obsession id&#233;ologique, osons une demande : pourriez-vous nous laisser vivre &#224; l'abri de vos th&#233;ories ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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